Quand le jeu permet aux enseignantes et enseignants de soutenir le développement de la pensée mathématique
Quand le jeu permet aux enseignantes et enseignants de soutenir le développement de la pensée mathématique
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Les premières habiletés en mathématiques sont reconnues comme d’importants indicateurs de la réussite scolaire future des enfants. Il devient alors essentiel de comprendre comment les personnes enseignantes soutiennent le développement de la pensée mathématique à l’éducation préscolaire. Si plusieurs études suggèrent que le jeu de faire semblant peut y contribuer, on connaît encore très peu les pratiques enseignantes réellement déployées en classe.
Dans le cadre de son doctorat en sciences de l’éducation à l’Unité d’enseignement et de recherche en sciences de l’éducation, Raymond Nolin s’est intéressé aux pratiques enseignantes mises en œuvre en contexte de jeu de faire semblant afin de soutenir le développement de la pensée mathématique d’enfants à l’éducation préscolaire.
Pour éclairer cette réalité encore peu étudiée, le doctorant a mené une recherche auprès de six ressources enseignantes à l’éducation préscolaire. Il a réalisé des entrevues semi-dirigées, des observations filmées en classe ainsi que des entretiens permettant aux personnes enseignantes de revenir sur leurs pratiques. Cette approche a permis de décrire finement des pratiques enseignantes mises en œuvre en contexte de jeu afin de soutenir le développement de la pensée mathématique des enfants. Globalement, cette recherche met en évidence que le jeu de faire semblant, lorsqu’il est accompagné de façon intentionnelle par l’adulte, constitue un contexte riche et significatif pour le développement de la pensée mathématique à l’éducation préscolaire.
Plus spécifiquement, les résultats de cette recherche suggèrent que les pratiques enseignantes en contexte de jeu de faire semblant sont nombreuses et variées. Elles se manifestent à différents moments : avant, pendant ou après le jeu. Ces pratiques permettent de soutenir plusieurs apprentissages mathématiques, notamment en lien avec le nombre, la quantité, le dénombrement, la mesure et la comparaison, même si certains savoirs du modèle d’éveil aux mathématiques de St-Jean et al. (2023) sont plus rarement mobilisés en contexte de jeu. Ainsi, le jeu apparait comme un contexte d’apprentissage et de développement qui favorise une progression de la pensée mathématique des enfants, en passant par des étapes naturelles, un peu comme lorsqu’ils apprennent à marcher. Dans ce processus, les personnes enseignantes jouent un rôle essentiel pour soutenir chacun des enfants.
Raymond Nolin a présenté les résultats de sa recherche lors de plusieurs évènements, au Québec comme à l’international, notamment dans le cadre des congrès de l’Acfas et d’EduLearn, en Espagne, ainsi qu’à différentes éditions du Colloque international du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE). Il a également rendu ses travaux accessibles au milieu de l’éducation en publiant un article dans la Revue préscolaire et en les présentant lors des colloques professionnels de l’Association d’éducation préscolaire du Québec (AÉPQ), au Québec, et de l’Association Générale des Enseignants des Écoles et des classes Maternelles publiques (AGEEM), en France.
C’est le 14 mai dernier que Raymond Nolin a soutenu sa thèse intitulée « Des pratiques enseignantes mises en œuvre en contexte de jeu de faire semblant afin de soutenir le développement de la pensée mathématique d’enfants à l’éducation préscolaire ». Son projet de recherche a été dirigé par Krasimira Marinova, professeure à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, et codirigé par Charlaine St-Jean, professeure à l’Université du Québec à Rimouski.