Communiqué de presse

Impacts de la foresterie industrielle sur les activités traditionnelles de la communauté autochtone de Kitcisakik

Impacts de la foresterie  industrielle sur les activités traditionnelles de la communauté autochtone de  Kitcisakik

Rouyn-Noranda, le lundi 6 octobre 2014 – Les opérations forestières affectent les biens et les services environnementaux que la forêt offre aux communautés autochtones qui en dépendent pour la satisfaction de leurs besoins. C'est le constat de M. Papa Déthié Ndione, doctorant en sciences de l'environnement de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), qui a présenté sa soutenance de thèse le vendredi 3 octobre au campus de l'UQAT à Rouyn-Noranda.

M. Ndione s'est attardé au cas de la communauté des Algonquins de Kitcisakik, dont le territoire est situé en partie dans la sapinière à bouleau jaune en Abitibi-Témiscamingue. « La communauté de Kitcisakik fut la porte d'entrée de mon étude. Toutefois, les résultats sont applicables à toutes les personnes qui demeurent près des forêts et qui s'en servent pour combler certains besoins », souligne M. Ndione.

En étudiant les impacts de l'altération des forêts sur le mode de vie autochtone, M. Ndione a observé des changements entre les périodes préindustrielle et actuelle (c'est-à-dire avant et après la décennie 1970). Il a, entre autres, constaté un rajeunissement des forêts et un enfeuillement par le bouleau blanc. Pour ce qui est des biens et des services environnementaux, il a, notamment, constaté une diminution de la qualité des habitats fauniques et du potentiel culturel de la forêt. Par contre, il a pu observer une augmentation de la disponibilité du bois de chauffage. De plus, M. Ndione a voulu connaître l'impact social des opérations forestières sur la communauté de Kitcisakik. « J'ai étudié le rôle, les responsabilités, les droits et les bénéfices de la communauté en lien avec l'exploitation forestière. Pour ce faire, j'ai utilisé une méthode développée en Afrique que j'ai appliquée en Abitibi-Témiscamingue », précise M. Ndione. En contact avec la communauté depuis 2009, M. Ndione a noté que du point de vue de cette dernière, le droit de consultation et d'accommodement n'est pas toujours observé de façon satisfaisante. De plus, la communauté aspire à des responsabilités qu'elle n'arrive pas à assumer à cause d'un manque de reconnaissance et de capacités, mais aussi en raison de sa difficulté à établir des partenariats avec les autres acteurs du milieu forestier. M. Ndione souhaite que l'utilisation du cadre d'analyse soit poursuivie par d'autres chercheurs pour asseoir les bases d'une meilleure collaboration entre les parties prenantes, gage d'un aménagement forestier écologiquement durable, socialement acceptable et économiquement viable.

M. Ndione termine ainsi son doctorat en sciences de l'environnement à l'UQAT, lui qui détenait déjà un diplôme d'ingénieur des travaux des eaux et forêts du Sénégal, un master en gestion de l'environnement de l'Égypte, un DESS en ingénierie de la formation du Sénégal et une maîtrise en sciences forestières du Nouveau-Brunswick.

Ayant pour titre « Impacts de la foresterie industrielle sur les activités traditionnelles autochtones en forêt tempérée mixte », la thèse de Papa Déthié Ndione fut réalisée sous la direction de M. Hugo Asselin, Ph.D., professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en foresterie autochtone, et sous la codirection de M. Yves Bergeron, Ph.D., professeur, codirecteur del'Institut de recherche sur les forêts (IRF),titulaire de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable et de la Chaire de recherche du Canada en écologie forestière et en aménagement forestier durable.

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Source :
Nathalie Cossette

Service des communications et du recrutement
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
819 762-0971 poste 2628

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Mise à jour : 24 août 2016