Recréer la dynamique du passé dans les grandes forêts de pins

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Recréer la dynamique du passé dans les grandes forêts de pins

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Les forêts de pins blancs de l’Est (Pinus strobus Lin.) et de pins rouges (Pinus resinosa Ait.) de la région des Grands Lacs et du bassin du Saint-Laurent étaient autrefois maintenues par un régime de feux mixtes, incluant des feux de surface fréquents. Ces feux consument principalement les combustibles au sol (herbes, feuilles mortes, bois mort et broussailles) tout en étant généralement moins destructeurs que les feux de cime. Toutefois, divers facteurs climatiques et humains ont modifié cette dynamique naturelle, entraînant un changement dans l’évolution des peuplements forestiers et contribuant au déclin des pins.

Le projet de recherche de Mélanie Anna Nicoletti, doctorante sur mesure en sciences naturelles et aménagement des écosystèmes à l’Institut de recherche sur les forêts, visait à évaluer si, dans un contexte d’aménagement forestier écosystémique, la coupe progressive pouvait recréer les effets des feux de surface sur la régénération des pins, la biodiversité du sous-bois et la structure des forêts. Pour ce faire, la doctorante a comparé trois traitements dans des parcelles situées au Témiscamingue (Québec) et dans le district de Nipissing (Ontario) : une sans perturbation, une touchée par un feu de surface naturel et une ayant fait l’objet d’un traitement de coupe progressive. Des inventaires ont ensuite été réalisés afin de documenter les strates végétales, les substrats et microhabitats près du sol, les propriétés physicochimiques du sol ainsi que le bois mort. 

Les résultats montrent que le feu favorise davantage la régénération des pins que la coupe progressive, notamment en créant des conditions propices à la germination et en modifiant les propriétés du sol. Bien que le feu et la coupe augmentent tous deux la diversité des espèces, le feu entraîne une plus grande hétérogénéité des milieux forestiers, alors que la coupe progressive conserve une structure plus semblable à celle des parcelles non perturbées. L’étude démontre ainsi que la coupe progressive reproduit certains effets du feu, sans toutefois recréer à elle seule l’ensemble des conditions écologiques favorables aux pins. Il est donc recommandé de réaliser des interventions complémentaires, comme le brûlage dirigé, le scarifiage ou l’ajout de certains amendements, afin de mieux atteindre les objectifs écosystémiques et productifs. 

Durant son parcours universitaire, Mélanie Anna Nicoletti a partagé les connaissances acquises de différentes façons, notamment lors de colloques et de congrès tenus au Québec et ailleurs au Canada. Elle y a présenté ses résultats de recherche et a d’ailleurs remporté le prix Coup de cœur du public pour la meilleure présentation orale lors du 26e Colloque de la Chaire institutionnelle en aménagement forestier durable UQAT-UQAM. Elle a également rédigé plusieurs articles de vulgarisation destinés au milieu forestier ainsi qu’au grand public. 

Mélanie Anna Nicoletti a soutenu sa thèse intitulée « Régénération, biodiversité et structure des forêts de pins blancs de l’Est et de pins rouges, après des perturbations secondaires » le 19 mai dernier. Ses travaux ont été dirigés par la professeure Nicole Fenton, et codirigés par le professeur émérite Yves Bergeron.

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