Près d’une cinquantaine de personnes issues de huit Nations autochtones se sont réunies lors du Rendez-vous autochtone 2026, afin de partager leurs perspectives, leurs expériences et les réalités qui les habitent.
Les 28 et 29 avril derniers, le Pavillon des Premiers-Peuples du campus de Val-d’Or de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) a vibré au rythme des échanges lors du Rendez-vous autochtone, réunissant les voix, les savoirs et les aspirations des participantes et participants autochtones dans un esprit de collaboration, de solidarité et de consensus.
Pendant deux jours, près d’une cinquantaine de personnes issues de huit Nations — Anicinape, Atikamekw, Eeyou, Wendat, Innu, W8banaki, Wolastoqey et Inuit — se sont réunies dans un espace à huis clos, culturellement sécuritaire, afin de partager leurs perspectives, leurs expériences et les réalités qui les habitent. Provenant de différentes régions du Québec, ces personnes ont généreusement contribué à dresser un portrait profond et nuancé de leurs aspirations, de leurs préoccupations et des enjeux qu’elles vivent et observent dans leurs milieux.
La table ronde intitulée « Vecteurs d’influences en milieu universitaire » a donné le ton à la première journée de l’évènement. Les panélistes Julie Girard, directrice de l’Observatoire des réalités autochtones urbaines, Nancy Wiscutie-Crépeau, professeure adjointe à l’INRS et membre de l’unité mixte de recherche INRS-UQAT, ainsi que Karine Awashish, doctorante en sociologie à l’Université Laval, ont partagé leur regard et leurs expériences en lien avec la recherche. La discussion a été animée avec justesse et sensibilité par Samuel Rainville, directeur du Bureau des relations et de l’engagement à l’Université du Québec à Trois-Rivières.
L’activité phare du Rendez-vous s’est poursuivie en après-midi avec une session de travail collaborative, au cours de laquelle les participantes et participants ont exprimé leurs aspirations, d’abord en petits groupes, puis en plénière. Au terme de cette première journée, onze aspirations ont été dégagées comme étant représentatives de l’ensemble des propos recueillis. Elles touchent notamment l’histoire, le lien au territoire, l’éducation des jeunes autochtones et la relève, la gouvernance et le droit au bonheur, la langue, l’identité et la fierté, le fardeau de la sensibilisation et de l’éducation des réalités autochtones, la reconnaissance des savoirs, ainsi que l’accessibilité et la valorisation de modèles autochtones.
Ces thèmes ont été au cœur de la deuxième journée, au cours de laquelle les membres de la communauté universitaire étaient invités à être « à l’écoute des voix autochtones ». Une vingtaine de participantes et participants ont pris la parole dans le cadre de cette activité, à la suite d’un retour des faits saillants du panel présenté par Samuel Rainville.
« Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est l’esprit de solidarité et de consensus observé lors de la première journée. Les participantes et participants étaient pleinement investis et engagés dans la démarche, et un profond respect ainsi qu’une grande écoute émanaient de chacune des tables de travail. Plusieurs personnes nous ont souligné la pertinence de tenir ce type d’activité, ainsi que le bienfait de se retrouver entre pairs, dans un espace sécurisant, avec des personnes qui comprennent nos perspectives et notre bagage identitaire », souligne avec fierté Janet Mark, conseillère stratégique à la réconciliation et à l’éducation autochtone et instigatrice de cet évènement.
Les retombées attendues de cet évènement sont nombreuses. Elles incluent notamment le renforcement des liens avec les personnes autochtones participantes, une meilleure compréhension des rôles de l’université, particulièrement en enseignement et en recherche, ainsi qu’une mise en lumière des réalités, des besoins et des aspirations exprimés. L’initiative visait également à sensibiliser la communauté universitaire à la nécessité de faire place aux perspectives autochtones dans l’ensemble des sphères de l’Université, toujours dans la perspective de soutenir la transformation des pratiques.
Un rapport-synthèse sera produit et diffusé à l’automne prochain auprès de la communauté universitaire de l’UQAT, des établissements universitaires du Québec ainsi que des organisations autochtones partenaires. Par cette initiative, l’UQAT réaffirme son engagement à soutenir la pleine affirmation des peuples autochtones, comme indiqué dans son dernier plan stratégique.