En novembre 2025, l’INRS a remis en prêt une copie originale de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois provenant de ses archives.
En novembre dernier, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et l’Institut national de la recherche scientifique soulignaient conjointement la portée historique de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ), lors d’un évènement tenu au campus de Val-d’Or dans le cadre du 50e anniversaire de cette entente. À cette occasion, l’INRS a remis en prêt à l’UQAT une des sept copies originales de la Convention, provenant de ses archives.
L’accueil de ce document au Pavillon des Premiers-Peuples a suscité des échanges avec la communauté anishnabe de Lac-Simon, à la suite d’une prise de parole du chef Lucien Wabanonik. Celui-ci soulignait que la CBJNQ a entraîné des répercussions importantes pour les Premières Nations qui n’en étaient pas signataires, notamment les Anishnabeg, les Atikamekw Nehirowisiw et les Innus. Il a également exprimé le souhait qu’une recherche soit menée afin de documenter ces répercussions. « La Convention de la Baie-James et du Nord québécois est un traité moderne aux effets multigénérationnels. Si elle a eu des retombées bénéfiques pour les signataires, dont la Nation crie, elle a laissé de côté d’autres Premières Nations. Les peuples non-signataires n’en ont tiré aucun bénéfice, au contraire, cela a eu des effets négatifs, notamment en ce qui concerne l’exercice de leurs droits, l’accès à leurs territoires et les perspectives offertes aux générations futures », affirme le Chef du Conseil de la Nation Anishnabe du Lac-Simon, Lucien Wabanonik.
Une approche fondée sur l’écoute et la collaboration
Des membres du corps professoral de l’École d’études autochtones de l’UQAT, soit Suzy Basile, Francis Lévesque et Sébastien Brodeur-Girard, ont ainsi entrepris des démarches en collaboration avec la Conseil de la Nation Anishnabe du Lac-Simon pour mettre en place un projet de recherche pour répondre au besoin documenter les expériences des Anishnabeg, des Atikamekw Nehirowisiw et des Innus, exclus de la CBJNQ, et dont les droits et les pratiques ont été bousculés par sa signature. « Il nous semblait essentiel de faire suite à cette demande et de collaborer avec la communauté de Lac-Simon pour élaborer ce projet de recherche. La coconstruction est au cœur de l’approche de l’École d’études autochtones. Cela implique d’être à l’écoute des besoins des communautés et de mener des recherches qui tiennent compte de leurs réalités et de leurs priorités », souligne Francis Lévesque, professeur et directeur de l’École d’études autochtones.
Appel à candidatures jusqu’au 15 mai
Un appel à candidatures pour un projet de maîtrise en études autochtones (possibilité pour un projet de doctorat également) est actuellement ouvert. Le projet, dont le démarrage est prévu en septembre 2026, portera notamment sur la manière dont les négociations ayant mené à la CBJNQ ont été vécues par les Anishnabeg, les Atikamekw Nehirowisiw et les Innus. Il s’agira également de mettre en lumière les conséquences concrètes de cette exclusion sur leurs droits, leurs modes de gouvernance et leurs relations au territoire.
Une bourse de 27 000 $ est offerte pour la première année de réalisation des travaux et le montant est à déterminer pour la deuxième année. La date limite pour poser sa candidature est le 15 mai.