Elsa Dejoie, Annie DesRochers et Valentina Buttò
Les interactions entre le sol, les micro-organismes, les plantes et les contaminants présents dans l’atmosphère sont complexes. L’étude d’Elsa Dejoie met en lumière l’importance d’adopter des approches intégrées pour mieux comprendre les impacts de la pollution industrielle et en évaluer l’évolution dans le temps. Ses résultats indiquent notamment que, chez de jeunes épinettes noires cultivées en serre, des sols plus acides nuisent à la croissance et perturbent le cycle de l’azote, tandis que les métaux comme le plomb modifient surtout les micro-organismes présents. Sur le terrain, les travaux démontrent que ces contaminants s’accumulent dans le bois des arbres.
Les travaux de la doctorante en écologie forestière et en écotoxicologie à l’Institut de recherche sur les forêts s’intéressent à la fonderie Horne, située à Rouyn-Noranda. Dans cette ville, une fonderie de cuivre est en activité depuis près d’un siècle, rejetant des métaux lourds et des gaz qui acidifient l’air. Ces émissions peuvent ainsi contaminer les sols et perturber les écosystèmes. Pour mieux comprendre ces effets, l’étude combine des expériences en serre et des observations sur le terrain, afin de relier les mécanismes observés en conditions contrôlées à ceux qui se manifestent réellement en milieu urbain. Ce projet démontre notamment que l’acidification des sols peut jouer un rôle plus déterminant que la présence de métaux dans les perturbations observées. Il réaffirme aussi le rôle central des micro-organismes du sol, qui réagissent rapidement aux contaminants et influencent le fonctionnement de l’écosystème. Sur le terrain, la variabilité observée entre les arbres montre toutefois que les réponses à la pollution peuvent différer d’un individu à l’autre. De manière globale, ces connaissances contribuent à mieux documenter et à suivre les effets de la pollution.
Elsa Dejoie a soutenu sa thèse le 30 mars dernier au campus de l’UQAT à Amos. Ses travaux ont été dirigés par la professeure Nicole Fenton, et codirigés par la professeure Annie DesRochers et le professeur associé à l’UQAT Fabio Gennaretti. Le titre de son projet est « Étude écotoxicologie des émissions de la fonderie Horne sur le biome du sol forestier et les arbres boréaux : approches spatio-temporelle et expérimentale combinant dendrogéochimie et génome du microbiome des sols ».
Lors de son parcours universitaire, Elsa Dejoie s’est vu décerner une bourse d’excellence ainsi qu’une bourse d’implication académique, toutes deux remises par la Fondation de l’UQAT. Elle a également publié plusieurs articles issus de ses travaux, dont un article de vulgarisation dans Le Couvert boréal et un article scientifique diffusé sur ScienceDirect, une plateforme reconnue de littérature scientifique. Enfin, elle a eu l’occasion de présenter ses recherches lors de conférences dans plusieurs universités, notamment à l’Université d’Édimbourg, en Écosse, à l’Université du Québec à Rimouski et à l’UQAT.