Gestion
Nouvelles et évènements

Le rôle infirmier en soins primaires dans la gestion de la douleur chronique

3 novembre 2025

Actualité

Anaïs Lacasse, professeure, Andréanne Bernier, doctorante, et Abir El-Haouly, professeure

La douleur chronique (DC) touche plus d’une personne sur cinq au Canada et représente un fardeau économique estimé à près de 40 milliards de dollars par année. Pourtant, le rôle du personnel infirmier dans les Groupes de médecine familiale (GMF) demeure encore limité. Dans le cadre de sa thèse de doctorat réalisée à l’Unité d’enseignement et de recherche en sciences de la santé de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), Andréanne Bernier s’est intéressée à l’intégration concrète du personnel infirmier dans les soins offerts aux personnes vivant avec de la DC dans les GMF. 

Les travaux d’Andréanne Bernier visaient d’abord à identifier les activités infirmières jugées prioritaires par les personnes vivant avec la DC et par le personnel infirmier, puis à explorer les obstacles et les leviers à leur mise en place afin de proposer des stratégies adaptées. La recherche a été réalisée en plusieurs étapes combinant des méthodes quantitatives et qualitatives. 

La méthode Delphi, qui consiste à recueillir l’avis d’un groupe d’experts au moyen de questionnaires les invitant à commenter et à noter différentes propositions, a permis à 48 infirmières et infirmiers ainsi que 122 personnes vivant avec de la DC de partout au Québec d’arriver à un consensus pour prioriser diverses activités de soins. À partir de 1 167 suggestions, 47 activités ont été identifiées, puis 41 ont été retenues comme très importantes. Celles-ci ont été regroupées en quatre grands domaines du travail infirmier : l’évaluation globale (36,6 %), la gestion des soins (24,4 %), la promotion de la santé (17,1 %) et la collaboration interprofessionnelle (22 %). L’analyse statistique a ainsi permis de mettre en évidence un top 10 des activités de soins prioritaires. Par la suite, quatre groupes de discussion réunissant 21 infirmières et infirmiers à travers le Québec ont permis de discuter des enjeux actuels pour être en mesure d’intégrer ces activités dans leur travail en première ligne. Les résultats font ressortir que la réussite de leur implantation dépend à la fois du personnel infirmier, des patientes et patients, et du contexte du système de santé. En intégrant les deux études, deux axes principaux d’action seront nécessaires, d’une part, renforcer les compétences infirmières grâce à des outils et des formations adaptés, et d’autre part, mobiliser les acteurs et actrices du système de santé pour soutenir l’adoption de ces nouvelles pratiques. 

Soulignons que l’étude a été réalisée en collaboration avec deux patientes partenaires vivant avec la DC, qui ont participé activement à toutes les étapes de la recherche. De plus, les résultats de cette recherche répondent directement au Plan d'action en douleur chronique 2021-2026, notamment dans l’axe de renforcement des compétences des professionnels. 

Andréanne Bernier a présenté les résultats de ses travaux le 30 octobre, lors de la soutenance de sa thèse intitulée « La gestion de la douleur chronique en soins primaires : explorer l’implication du personnel infirmier en Groupe de médecine familiale ». Sa recherche a été dirigée par Anaïs Lacasse, professeure à l’Unité d’enseignement et de recherche en sciences de la santé de l’UQAT, et codirigée par Marie-Ève Poitras, professeure à l’Université de Sherbrooke. Le programme de doctorat en sciences de la santé, offert en extension à l’UQAT grâce à une entente avec l’Université de Sherbrooke, permet ainsi à des étudiantes et étudiants de la région de mener des projets de recherche d’envergure en lien direct avec les besoins des personnes soignées du milieu. 

En savoir plus

Partager sur facebook