Vincent Poirier, Renaud Massoukou Pamba et Xavier Cavard
En Afrique centrale, la culture intensive du cacao et de l’hévéa (« arbre à caoutchouc ») a entraîné l’appauvrissement des sols, les rendant ainsi improductifs. Certaines méthodes de restauration sont actuellement évaluées, comme l’utilisation de plantes dites améliorantes telle que le pourghère (Jatropha curcas L.), un arbuste de la famille des Euphorbiacées originaire de l’Amérique latine. C’est dans le but de restaurer les sols tropicaux dégradés et d’approfondir les connaissances sur cette espèce que l’étudiant au doctorat en sciences de l’environnement à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), Renaud Massoukou Pamba, a choisi cette thématique de recherche.
Les travaux, qui ont été réalisés au Gabon, avaient comme objectifs de déterminer le meilleur mode de multiplication du pourghère, d’évaluer sa capacité à croître en milieu tropical dégradé et d’analyser le potentiel de restauration de certains éléments chimiques du sol comme le carbone et l’azote. Dans un premier temps, il a été démontré que le processus de germination est meilleur lorsque les semis sont en pot, contrairement à en plein champ, car la croissance du pourghère ralenti lorsqu’il fait face à des carences en éléments nutritifs dans le sol. Dans un second temps, les résultats ont révélé que les plants issus de boutures ont une meilleure croissance que ceux descendants de graines, car les boutures contiennent des réserves nutritives. Par ailleurs, les travaux ont également démontré que la chute des feuilles du pourghère permet d’augmenter la quantité de matière organique au sol, ce qui contribue ainsi à enrichir ce dernier en carbone. De plus, cette espèce développe une endosymbiose au niveau des racines, ce qui lui permet de fixer l’azote, donc de le capter et de l’utiliser.
Ces travaux de recherche ont permis de conclure que le pourghère est une plante qui peut contribuer efficacement à la restauration des sols tropicaux dégradés, ce qui peut aider à limiter la déforestation des forêts naturelles dans ces milieux. Renaud Massoukou Pamba a soutenu sa thèse avec succès le 13 mars sous la direction de Vincent Poirier, professeur en sciences du sol à l’UQAT, et sous la codirection de Pamphile Nguema Ndoutoumou, professeur au Centre national de la recherche scientifique et technologique situé au Gabon.