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Une étude de l'UQAT démontre le rôle des champignons dans l'établissement du sapin en forêt boréale

29 août 2019

Communiqué

Annie DesRochers, Benoit Lafleur, Monique Gardes, Mélissande Nagati, Yves Bergeron, Mélanie Roy et Marc Buée

Lors de la soutenance de sa thèse, qui a eu lieu le 27 août au campus de Rouyn-Noranda de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), la doctorante en sciences de l'environnement, Mélissande Nagati, a expliqué comment les champignons pouvaient jouer un rôle important dans l'établissement du sapin en forêt boréale.

En effet, alors que la forêt boréale située au 49e parallèle se caractérise par une prédominance d'épinettes noires, la forêt située au sud de cette latitude est plutôt dominée par les sapins et les bouleaux blancs. Ainsi, bien que les changements climatiques jouent un rôle favorable dans la migration du sapin vers le nord, la doctorante s'est questionnée à savoir si les champignons qui sont associés aux racines du sapin et qui lui permettent un accès aux éléments nutritifs pouvaient aussi jouer un rôle dans l'établissement du sapin en forêt boréale.

La doctorante s'est ainsi intéressée aux plaines argileuses de l'Abitibi-Témiscamingue, alors que le sapin démontrait une capacité d'établissement plus élevé sous les peupliers que sous les épinettes. Ainsi, Mme Nagati a d'abord comparé les communautés de champignons du sol des peuplements de peupliers à ceux des peuplements d'épinettes. Ses observations ont permis de démontrer que les communautés de champignons pouvaient être affectées par la composition du sol et du sous-bois alors que l'on retrouve une forte présence de plantes éricacées, dans les sous-bois des peuplements d'épinettes. Toutefois, l'analyse de l'ADN des champignons du sol a également démontré que, bien que les communautés de champignons diffèrent entre les différents peuplements, le nombre d'espèces reste identique.

Dans un deuxième temps, la doctorante a voulu savoir si le sapin s'associait à un plus grand nombre de champignons sous les peupliers que sous les épinettes et si les symbioses entre les champignons et les racines étaient plus efficaces pour la nutrition du sapin établi sous le peuplier que celui établi sous l'épinette. Grâce à l'étude de croissance de sapins sur une période de deux ans sur le terrain ainsi qu'en chambre de croissance, la doctorante a ainsi démontré que le taux de nutriment présent dans les aiguilles du sapin était supérieur pour les sapins établis sous les peupliers que ceux à proximité des plantes éricacées présentes dans les sous-bois des épinettes. Les changements dans les communautés de champignons viennent ainsi démontrer l'impact sur la croissance du sapin, et ce, même si la diversité fongique reste la même.

L'étude de Mélissande Nagati permet ainsi de démontrer que le climat n'explique pas à lui seul l'établissement du sapin en forêt boréale et que même si celui-ci peut en être favorable, l'association entre des champignons et les racines des plantes ont également un rôle à jouer.

Réalisée en cotutelle avec l'Université Toulouse III et intitulée « effet du couvert végétal et des micro-organismes sur l'établissement du sapin en forêt boréale », la thèse de Mélissande Nagati fut réalisée sous la direction du professeur et codirecteur de l'Institut de recherche sur les forêts de l'UQAT, Yves Bergeron, ainsi que sous la codirection de la professeure à l'IRF, Annie DesRochers.

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Source

Nathalie Cossette
Agente d'information
Service des communications et du recrutement
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
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