Le Colloque sur la recherche émergente en éducation de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) offre un espace de dialogue et d’échanges pour les étudiantes et étudiants des 2e et 3e cycles en éducation. Ce rendez-vous annuel leur permet de présenter leurs projets et de recueillir des retours constructifs dans une atmosphère collaborative. L’évènement vise également à valoriser et faire connaître les initiatives de cette relève scientifique, tout en renforçant les liens au sein de la communauté scientifique de l’UQAT. Lors de cette 4e édition, venez partager vos idées et contribuer à enrichir la réflexion sur l’avenir de l’éducation dans un cadre ouvert et convivial.
8 h 30
Accueil des participantes et des participants
9 h
Mot de bienvenue et déroulement de la journée
9 h 15 à 9 h 45
Isabelle Vachon, doctorante en éducation
Aline Niyubahwe, dir. (UQAT) et Maryse Potvin, codir. (UQAM)
9 h 50 à 10 h 20
Claude Pichette, étudiante à la maîtrise en éducation
Jean-Marc Nolla, dir. (UQAT)
10 h 20 à 10 h 30
Pause-santé*
10 h 30 à 11 h
Geneviève Gauthier, doctorante en éducation
Sophie Grossmann, dir. (UQAM)
11 h 05 à 11 h 35
Raymond Jean-Baptiste, doctorant en éducation
Aline Niyubahwe, dir. (UQAT) et Martine Guénette, codir. (UQAT)
11 h 35 à 11 h 50
Discussions et échanges sur les conférences
11 h 50 à 13 h
Dîner-réseautage (UQAT, Rouyn-Noranda)*
13 h à 13 h 30
Audrey Jude Junior Blé, doctorant en éducation
Jean-Marc Nolla, dir. (UQAT) et Jean Gabin Ntebutse, codir. (UdeS)
13 h 35 à 14 h 05
Oumaima Tafhi, doctorante au doctorat sur mesure en éducation
Brahim El Fadil, dir. (UQAT) et Khalid El Khattabi, codir. (ENS FES-USMBA Maroc)
14 h 05 à 14 h 15
Pause de l’après-midi
14 h 15 à 14 h 45
Présentation sur les bourses disponibles pour les doctorant.es de l’UQAT
Décanat à la recherche et la création de l’UQAT
14 h 50 à 15 h 30
Le parcours étudiant-chercheur : entre passion, pression et persévérance
Table ronde animée par Isabelle Vachon, doctorante en éducation
Panélistes : Matthieu Boulerice, étudiant à la maîtrise en éducation; Oumaima Tafhi, étudiante au doctorat sur mesure en éducation; Jessica Godin, doctorante en éducation; Audrey-Ann Cossette, doctorante en éducation.
15 h 30 à 15 h 45
Discussions et échanges sur les conférences
15 h 45 à 16 h
Mot de clôture et fin du Colloque
Les membres du comité organisateur sont, en ordre alphabétique :
Audrey-Ann Cossette
Doctorante en éducation
Afin de répondre au déclin démographique et à la pénurie de main-d’œuvre touchant leurs communautés, les cégeps de région ont accru leur recrutement international (Bégin-Caouette, 2018), entraînant une hausse considérable des effectifs internationaux au cours des dix dernières années (Fédération des cégeps, 2024). Ces personnes étudiantes internationales (PÉI) doivent s’adapter à l’enseignement postsecondaire, à un nouvel environnement et aux normes sociales et culturelles de la société d’accueil (Bikie Bi Nguema et al., 2020). Plusieurs études montrent qu’elles sont ainsi plus à risque d’éprouver des difficultés de réussite, un phénomène accentué en région éloignée où elles se retrouvent en minorité (Gallais et al., 2020). Une recherche doctorale qualitative (Savoie-Zajc, 2018) a voulu mieux comprendre leur expérience dans les cégeps de région (Dubet, 2014). Elle visait à décrire les types de parcours éducatifs (Doray, 2024) vécus, à relever les facteurs influençant leurs parcours (Potvin et al., 2014) et à identifier leurs stratégies d’adaptation (Gagnon, 2018 ; Ward, 2022). À l’automne 2024, des entrevues semi-dirigées ont été réalisées avec 30 PÉI issues de quatre cégeps de région (Boutin, 2018). Une analyse thématique (Paillé et Mucchielli, 2021) et diachronique du récit de leur expérience (Bertaux, 2016 ; Dubet, 2014) a été réalisée. Elles mettent en lumière les divers facteurs dispositionnels, situationnels institutionnels qui influencent leur expérience, ainsi que les multiples stratégies qu’elles mobilisent pour traverser les défis ponctuant leurs parcours. Cette communication portera sur ces résultats. Une discussion sur les façons de rendre les cégeps plus inclusifs conclura la présentation.
Depuis les années 1980, le Conseil supérieur de l’éducation met l’accent sur des valeurs humanistes, où la triade « accès, réussite éducative et qualité » influence l’élaboration des réformes (CSE, 2025). En plaçant les élèves au cœur du processus éducatif, le Programme de formation de l’École québécoise vise à permettre à chacun d’atteindre son plus haut degré de réalisation (Gouvernement du Québec, 2001). Dans ce contexte visant la réussite globale, inclusive et durable, le développement de l’autorégulation des apprentissages s’impose comme une finalité explicite du système éducatif au Québec (Barribeau, 2015 ; Tardif, 2006). Toutefois, si l’autorégulation est largement prescrite, son opérationnalisation en classe demeure complexe et peu stabilisée (Bourgault, 2025). Les pratiques enseignantes étant situées, dynamiques et imbriquées dans des interactions multiples, l’identification des gestes professionnels soutenant concrètement l’autorégulation demeure difficile (Charlier, 1998 ; Valade, 2024). Également, les trajectoires des élèves sont différenciées au Québec et en région en particulier (ministère de l’Éducation, 2021), ce qui complexifie le développement de leur autorégulation, en raison de l’hétérogénéité des besoins, des rythmes d’apprentissage et des ressources disponibles pour soutenir leurs démarches. Cette recherche qualitative, menée dans une perspective de cas multiples (Karsenti & Savoie-Zajc, 2004), vise à analyser les pratiques de quatre enseignantes du primaire, en milieu rural soutenant l’autorégulation des élèves. Les résultats permettent de décrire les gestes professionnels, de cerner les conditions favorables, ainsi qu’à dégager des régularités et des variations, tout en mettant en évidence les tensions et contraintes associée au développement des mécanismes d’autorégulation chez les élèves.
Une brève synthèse de la problématique et du cadre théorique et conceptuel sera d’abord présentée afin de permettre une meilleure compréhension du choix de l’approche narrative pour répondre à la question centrale de cette étude : Comment les adolescents considérés comme doués négocient-ils leur identité au regard de l’étiquette qui leur est attribuée? Dans une perspective d’éducation inclusive au Québec et dans le souci de se distancier de l’épistémologie essentialiste de la douance, nous nous pencherons sur le positionnement d’adolescents considérés comme doués avec ou sans difficulté dans leur quête identitaire. Puisque nous considérons la douance d’un point de vue transactionnel (Dai, 2010, 2018a, 2018b, Dai et Gauvrit, 2021, Dole, 2001 ; Grierczyk et Hornby, 2021 ; Gross, 1998 ; Lo et al. 2019) et l’identité comme un processus dynamique et contextualisé (Bamberg et Dege, 2022) teinté d’ambivalences socioculturelles (Dole, 2001), la recherche narrative semble particulièrement appropriée pour apporter de la richesse à l’exploration de ces thèmes. De plus, l’identité sera abordée sous l’angle de la sociologie clinique, selon lequel elle se construit à l’intersection entre les processus sociaux (discours, regard et attentes de l’autre) et psychiques (Fugier, 2019). Dans cette perspective, la subjectivation (négociation, contestation ou intégration de la désignation) est au cœur de la construction identitaire, qui se déploie dans le récit de l’expérience vécue et ancrée dans le rapport à l’autre (De Gaulejac, 2009 ; Fugier, 2019; Muchielli, 2021.) À cet effet, la recherche narrative permet, entre autres, d’accéder au sens donné par l’individu à son expérience vécue, de donner la parole aux minorités afin de comprendre leur vécu identitaire et de mettre en relief le rôle des discours dominants dans l’identité (Lehrer, 2021).
L’enseignement est considéré comme faisant partie des professions à risque concernant la violence au travail, et cela, partout dans le monde (Laforest et al., 2018). Il se classe même parmi les professions les plus stressantes, selon une base de données anglaise regroupant 26 types d’emplois différents (Johnson et al., 2005, cité par Vlasie, 2021). Cela est dû au fait que les enseignants font partie des professionnels qui sont en contact direct et régulier avec les individus qui reçoivent leurs services (Jeffrey & Sun, 2006). En effet, « les premières recherches sur la violence menées auprès des enseignants montrent un niveau de victimisation inquiétant » (Jeffrey, 2011, p.5) et il s`avère que le fait d’être exposés de façon régulière à des comportements violents altère leurs fonctions cognitives (Debarbieux, 2016) et impacte négativement leur bien-être. Le but de cette communication est de faire un état des connaissances sur la violence en milieu scolaire vécue par les enseignants et son impact sur leur bien-être. Les résultats de la recension des écrits montrent que les impacts de la violence sur le bien-être physique et psychologique des enseignants sont principalement des niveaux élevés de stress. En outre, on constate que des études portent d’un côté sur la violence envers les enseignants et de l’autre, sur leur bien-être, mais peu de recherches ont fait le lien entre les deux dans le monde francophone, notamment au Québec.
Évaluer constitue une grande responsabilité professionnelle des enseignants. Cependant, évaluer demeure un sujet particulièrement sensible en classe (Fontaine, Savoie-Zajc, Cadieux, 2020). D’une part, plusieurs travaux soulignent l’ampleur des transformations exigées dans ce domaine, notamment en raison des répercussions importantes de l’évaluation sur les apprenants (Chesné et Piedfer-Quêney, s. d. ; Conseil supérieur de l’éducation, 2014, 2018 ; Sabzalieva et Valentini, 2023). D’autre part, les enseignants ne se sentent pas compétents en évaluation (Baribeau, 2015 ; Bélair et Dionne, 2014 ; Fontaine et al., 2011 ; Monney, 2014). Leurs défis se sont accentués avec l’essor du numérique et la mise en ligne des dispositifs d’évaluation imposée durant la pandémie de COVID-19 (Audet, 2011 ; Barroso da Costa et al., 2024). Aujourd’hui, l’avènement des robots conversationnels bouleverse l’école et pose de nouveaux défis en évaluation (Tang et al., 2024). Si les universités ont mis en place des balises pour répondre aux risques de fraude signalés dans plusieurs travaux, peu de recherches examinent de manière approfondie les opportunités qu’offrent ces outils dans la transformation des pratiques évaluatives. S’appuyant sur le cadre de la littératie en évaluation et sur les travaux de Hughes, cette recherche vise à analyser en quoi les robots conversationnels peuvent transformer les pratiques évaluatives des enseignants du secondaire et des universités. À cette fin, une recherche qualitative de nature interprétative et comparative sera menée auprès des enseignants du secondaire et des universités. Les résultats permettront d’identifier les zones potentielles de transformation et de produire des connaissances susceptibles de soutenir le développement de pratiques évaluatives alternatives, tant au secondaire qu’à l’université. Cette communication vise à présenter l’état d’avancement du-dit projet.
L'enseignement de l'électromagnétisme se heurte à l'immatérialité de ses concepts, imposant aux étudiants un effort d'abstraction considérable. Cette communication analyse l'intelligence artificielle générative comme un potentiel levier capable de renouveler la transposition didactique (Chevallard, 1991). En agissant comme un soutien cognitif, l'IA facilite la modélisation sur mesure et la visualisation de phénomènes complexes, des éléments essentiels pour pallier les difficultés d'apprentissage dans les sciences physiques (Finkelstein et al., 2005). Toutefois, cette opportunité technologique soulève des défis majeurs. L'usage de l'IA en contexte éducatif nécessite une vigilance accrue face aux risques d'erreurs scientifiques et à la dépendance algorithmique (Holmes et al., 2019). L'enjeu est donc d'outiller les chercheurs pour une intégration critique et réflexive de ces outils. En effet, il s'agit de transformer l'IA en une alliée pédagogique qui soutient l'expertise de l'enseignant sans déshumaniser la relation éducative (Selwyn, 2019).