Au Canada, et particulièrement au Québec, l’augmentation du nombre de crises environnementales et sanitaires au cours des dernières décennies a entraîné des effets inégaux sur la santé des populations, affectant de manière disproportionnée les peuples autochtones. Les catastrophes naturelles, exacerbées par les changements climatiques et certains facteurs anthropiques, engendrent des impacts physiques, psychologiques et sociaux importants, mobilisant fortement les systèmes de santé et les ressources communautaires.
Les peuples autochtones, qui représentent environ 5 % de la population canadienne, présentent une vulnérabilité accrue face à ces crises. Ils sont surreprésentés dans plusieurs indicateurs négatifs de santé, notamment les maladies chroniques, la mortalité infantile, le suicide et les dépendances. Cette situation découle de facteurs historiques, structurels et sociaux persistants, tels que les effets du colonialisme, l’isolement géographique, la précarité socioéconomique, l’insuffisance des infrastructures sociosanitaires ainsi que la discrimination systémique et les barrières culturelles et linguistiques qui limitent l’accès à des soins sécuritaires et adaptés.
Par ailleurs, les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) constituent un enjeu croissant de santé publique chez les Autochtones, particulièrement chez les jeunes et dans certaines régions éloignées comme l’Abitibi-Témiscamingue, où les taux dépassent la moyenne provinciale. L’augmentation récente de certaines infections, dont l’hépatite C, met en évidence les limites de l’accès au dépistage, à la prévention et à une offre de soins culturellement adaptée en contexte régional. La conjonction des inégalités structurelles chez les Autochtones, les changements climatiques, l’augmentation des ITSS, la présence des problèmes chroniques de santé et la nécessité de tenir compte des savoirs autochtones en matière de bien-être révèlent l’importance de la Chaire institutionnelle de recherche en santé autochtone et des populations (CRSAP). Celle-ci adopte une conception holistique de la santé, intégrant les dimensions physiques, émotionnelles, cognitives et spirituelles, ainsi que la responsabilité collective et la résilience communautaire.
Fondée sur la coconstruction des connaissances, le respect des savoirs autochtones et l’adaptation culturelle des pratiques en santé publique, la Chaire constitue un levier stratégique pour réduire les inégalités de santé et favoriser un mieux-être durable. Dans une perspective d’autodétermination des Premiers Peuples, de valorisation de la langue, des relations familiales, des parcours de guérison et du lien au territoire, elle adopte un modèle de gouvernance fondé sur la recherche collaborative avec les communautés autochtones et les principes PCAP®, dans une démarche de décolonisation des savoirs.
Les principes de propriété, de contrôle, d’accès et de possession des Premières Nations (PCAP®) affirment que les Premières Nations ont le contrôle des processus de collecte de données, et qu’elles possèdent et contrôlent la manière dont ces informations peuvent être utilisées.
La mission de la Chaire est de co-développer des connaissances sur :
Les travaux de la présente Chaire se structurent autour de quatre axes de recherche recensés lors d’un processus de consultation. Cette démarche a été menée auprès des communautés autochtones de l’Abitibi-Témiscamingue, d’intervenantes et d’intervenantes de cette région de même que de la Côte-Nord, des étudiantes et étudiants autochtones de l’UQAT ainsi que des membres du corps professoral de l’UQAT qui travaillent sur des questions relatives aux Peuples autochtones. Des membres de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL) ont aussi pris part à la consultation.
AXE 1 : Habitudes de vie autochtone et maladies chroniques
Sous la responsabilité de la professeure Anne-Marie Leclerc (Département des Sciences infirmières – Université du Québec à Trois-Rivières)
Objectifs
AXE 2 : Rôles, traditions ancestrales et parcours de vie autochtone
Sous la responsabilité de la professeure Jacinthe Dion (Département de psychologie – Université du Québec à Trois-Rivières)
Objectifs
AXE 3 : Savoirs autochtones dans les espaces de la santé moderne
Sous la responsabilité de la professeure Ioana Radu (École d’études autochtones – UQAT) et du professeur Dave Bergeron (Département des sciences de la santé – Université du Québec à Rimouski)
Objectifs
AXE 4 : Environnements holistiques favorables au développement des communautés autochtones
Sous la responsabilité du professeur Augustin Ependa (École de travail social - UQAT) et du professeur Vivaldo Mathias (Département de langue et culture – Université interculturelle indigène de Michoacán – Mexique)
Objectifs
AXE 5 : Santé durable, les crises sanitaires et environnementales ainsi que la santé sexuelle
Objectifs
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Oscar Labra, titulaire de la Chaire institutionnelle de recherche en santé autochtone et des populations
École de travail social
Téléphone : 819 762-0971 poste 2335
Courriel : oscar.labra@uqat.ca