Une relecture critique des archives coloniales à la lumière des traditions orales wabanaki

Une relecture critique des archives coloniales à la lumière des traditions orales wabanaki

Une relecture critique des archives coloniales à la lumière des traditions orales wabanaki

Une relecture critique des archives coloniales à la lumière des traditions orales wabanaki

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Actualité
Hugo Asselin, Francis Lévesque, Sébastien Brodeur-Girard, Édith Bélanger, doctorante, Elena Choquette, Anny Morissette, Eva Ottawa

Au XVIIe siècle, des explorateurs, missionnaires et officiers français et anglais ont laissé des récits de leurs rencontres avec les peuples wabanaki du nord-est de l'Amérique. Rédigés par des étrangers, dans leurs propres langues et selon leur vision du monde, ces textes sont encore aujourd’hui les principales sources disponibles pour comprendre cette époque. Mais que disent-ils vraiment de la gouvernance et du leadership des sociétés wabanaki ? Et surtout, quels aspects en cachent-ils?

Dans sa thèse, Édith Bélanger, doctorante au programme sur mesure en gouvernance autochtone traditionnelle à l’École d’études autochtones, propose une relecture critique de ces documents coloniaux en les interrogeant à partir d'un angle inhabituel : la tradition orale wabanaki elle-même. Plutôt que de chercher à « valider » les archives par la mémoire vivante, ou l'inverse, la recherche met en dialogue deux systèmes de savoirs distincts pour révéler ce que les textes européens laissent entrevoir, parfois malgré eux, des structures politiques, juridiques et institutionnelles wabanaki.

L'analyse s'appuie sur quatre axes : le pouvoir spirituel, les valeurs et principes juridiques, les pratiques rituelles, puis la gouvernance et les processus décisionnels. Elle montre que les observateurs européens, bien qu'influencés par leurs propres cadres relatifs au pouvoir, spirituel comme politique, et à l’ordre social, ont parfois été témoins de pratiques diplomatiques et politiques sophistiquées qu'ils n'ont su que partiellement expliquer. Les résultats révèlent le caractère collectif et distribué du leadership wabanaki, le rôle central des femmes dans certaines sphères de la gouvernance et de la guerre, ainsi que l'existence de formes de droit non écrit régissant les relations entre nations.

En replaçant les peuples wabanaki au cœur de leur propre histoire politique, cette recherche contribue à combler des lacunes importantes de l'historiographie et ouvre de nouvelles perspectives pour l'histoire, le droit et les études autochtones.

Édith Bélanger a soutenu sa thèse intitulée « Gouvernance et leadership des sociétés wabanaki au XVIIe siècle : une perspective wolastoqey » le 8 avril au campus de l’UQAT à Val-d’Or. Ses travaux ont été réalisés sous la direction de Sébastien Brodeur-Girard, professeur à l’École d’études autochtones de l’UQAT.

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