Le pouvoir des légumineuses dans les champs céréaliers biologiques

Le pouvoir des légumineuses dans les champs céréaliers biologiques

Le pouvoir des légumineuses dans les champs céréaliers biologiques

Le pouvoir des légumineuses dans les champs céréaliers biologiques

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Terence Epule Epule, Vincent Poirier et Insaf Chida

Dans un contexte où il faut améliorer la performance des cultures tout en respectant l’environnement, le développement de pratiques culturales durables devient essentiel. Les adventices, des plantes spontanées pouvant interférer avec la croissance des cultures, représentent un enjeu important pour les systèmes agricoles biologiques. Insaf Chida, doctorante en agriculture biologique à l’Institut de recherche en agriculture et agroalimentaire (IRAA), s’est intéressée au potentiel des légumineuses intercalaires implantées dans des cultures céréalières biologiques pour améliorer la structure du sol, fixer l’azote, limiter l’érosion et contribuer à la lutte contre les adventices. 

Les résultats montrent que les légumineuses intercalaires peuvent améliorer la gestion des adventices sans nuire au rendement des cultures. Le trèfle incarnat (Trifolium incarnatum), en particulier, se distingue par sa capacité à couvrir efficacement le sol, réduisant ainsi l’abondance et la diversité des adventices. Plus largement, les résultats indiquent que ces légumineuses ne se limitent pas à réduire la présence d’adventices : elles en modifient la composition et les stratégies, tout en améliorant les stocks de carbone et d’azote du sol grâce à la production de biomasse aérienne et racinaire. 

Pour obtenir ces résultats, la doctorante a mis en place un dispositif expérimental sur deux sites de la région, à Poularies et à Laverlochère, durant deux années consécutives (2019 et 2020), dans des cultures d’avoine et de blé biologiques. Plusieurs espèces de légumineuses intercalaires, dont le mélilot officinal (Melilotus officinalis), le trèfle incarnat (Trifolium incarnatum), le trèfle blanc (Trifolium repens) et le trèfle rouge (Trifolium pratense), ont été comparées à un témoin sans légumineuse. Deux moments d’implantation ont également été testés : au semis et au tallage. Les résultats ont clairement démontré que les légumineuses intercalaires ne se contentent pas de réduire certaines adventices. Elles modifient l’équilibre du champ, enrichissent le sol et peuvent être intégrées sans nuire aux rendements, surtout si elles sont implantées tôt. Ce projet de recherche démontre ainsi le potentiel des légumineuses intercalaires pour contribuer au développement de systèmes céréaliers biologiques plus durables. 

Insaf Chida a soutenu sa thèse le 5 mai dernier, intitulée « Services écosystémiques des légumineuses intercalaires en cultures céréalières biologiques : Effets sur les adventices, la fertilité et la structure du sol ». Ses travaux ont été dirigés par Vincent Poirier, professeur à l’IRAA de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, et codirigés par Noura Ziadi, chercheuse chez Agriculture et Agoalimentaire Canada. 

Au cours de son parcours, Insaf Chida a reçu plusieurs bourses et distinctions, dont une bourse nationale de la Tunisie pour soutenir ses études supérieures, ainsi qu’un certificat de persévérance remis à l’UQAT. En 2024, elle s’est également distinguée en étant nommée révélation de l’année en production végétale, en plus d’obtenir le titre d’agronome. Durant son doctorat, elle a contribué à la rédaction de trois articles scientifiques, dont un publié en 2026 dans la revue Agronomy. Elle a aussi pris part à de nombreux congrès et colloques, au Canada et à l’international, où elle a présenté ses travaux sur les légumineuses intercalaires en agriculture biologique. 

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