Communiqué de presse

L’écriture informatisée : un avantage important pour la réussite des élèves du secondaire au Québec?

Rouyn-Noranda, 22 février 2018 – Pascal Grégoire, professeur en sciences de l’éducation à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), a publié le rapport du projet de recherche qu’il a mené pour le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). Ce projet portait sur l’utilisation d’un outil d’aide à la révision et à la correction dans le contexte de l’épreuve unique de français 5e secondaire, dont la réussite est essentielle à l’obtention du diplôme d’études secondaires. Les résultats de l’étude suscitent le questionnement quant à la place de l’écriture informatisée au sein du système scolaire québécois.

Cette recherche visait plus précisément à mesurer les impacts de l’écriture informatisée sur le nombre d’erreurs liées au vocabulaire, à la construction des phrases, à la ponctuation et à l’orthographe d’usage et grammaticale dans les textes d’élèves de 5e secondaire. Ainsi, les résultats démontrent que le potentiel de ces outils est réel, mais que l’élève y accède sous conditions. En effet, les élèves ayant utilisé le logiciel Antidote lors de la rédaction de leur texte ont, pour l’essentiel, fait moins d’erreurs d’orthographe grammaticale et d’orthographe d’usage que les autres. Tout comme leurs pairs, ils n’ont pas amélioré la syntaxe des phrases ou la cohérence de leur texte. Fait étonnant, les élèves ayant été formés à l’utilisation d’Antidote ont fait légèrement plus d’erreurs de vocabulaire que les autres. Les élèves ayant eu recours à l’ordinateur ont, quant à eux, rédigé des textes significativement plus longs que ceux ayant rédigé à la main et, finalement, les élèves ayant été formés à utiliser le logiciel Antidote ont mis autant de temps à écrire et à réviser leur texte que ceux rédigeant de façon manuscrite.

Dans le cadre de ses recherches, le professeur Grégoire a émis quelques recommandations quant à la place de l’écriture informatisée dans un contexte scolaire. « Cette étude est une autre contribution au débat entourant la question du numérique dans les écoles du Québec. Il est nécessaire de s’intéresser davantage à la question de l’adaptation de l’enseignement d’aujourd’hui à l’environnement dans lequel les élèves évoluent désormais », explique-t-il. Selon lui, il est important que le gouvernement augmente l’accès aux technologies dans les écoles, plus particulièrement dans le secteur public. « À l’ère numérique dans laquelle nous vivons aujourd’hui, il est important de former les jeunes à l’utilisation des technologies : s’ils n’apprennent pas à utiliser adéquatement l’ordinateur pour écrire quand ils sont à l’école, quand l’apprendront-ils? Ils pourraient bien ne jamais retirer de bénéfices de cet apprentissage, qui pourrait pourtant représenter un avantage pour la formation des jeunes Québécois », ajoute-t-il. De ce fait, certains questionnements émergent : quelle formation faudrait-il donner aux élèves? Comment faire pour l’intégrer dans le système scolaire sans laisser de côté les pratiques d’écriture manuscrite traditionnelles?

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Source :
Élie-Anne Lamerise-Dumont, agente d'information
Service des communications et du recrutement
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
819 762-0971 poste 2629

Mise à jour : 24 août 2016