Communiqué de presse

Une première recherche portant sur la place du chien dans les communautés inuites contemporaines réalisée à l'UQAT

Une  première recherche portant sur la place du chien dans les communautés inuites  contemporaines réalisée à l'UQAT

Rouyn-Noranda, le 9 septembre 2015 – La relation entre les Inuits et leurs chiens est un sujet très peu documenté. Francis Lévesque, professeur spécialiste des questions autochtones à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), réalisera la première recherche consacrée à la place du chien à l'heure actuelle dans deux communautés inuites. Intitulé Les Inuits et leurs chiens : Relations humains-animaux au Nunavik et Nunavut aujourd'hui, ce projet original a reçu une subvention de développement Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) d'un montant de 75 000 $.

Ce projet s'appuie sur le constat que, malgré l'imposition de mesures de gestion des chiens depuis soixante ans au Nunavut et au Nunavik, la prévalence des zoonoses, soit les maladies animales transmissibles à l'être humain, et des accidents y est toujours élevée. Cette situation s'explique en partie par un manque de ressources vétérinaires dans les deux régions, mais également à cause du fait que la place du chien dans la culture des Inuits est méconnue. Ce projet vise à surmonter cette seconde lacune en comparant la situation des chiens dans une communauté du Nunavik (Kuujjuaq) et une communauté du Nunavut (Iqaluit), notamment en ce qui concerne le nombre de chiens d'attelage, de chiens de compagnie, de chiens errants et de chiens laissés en liberté, ainsi que les réglementations existantes et les ressources disponibles. Il tente également de comprendre la place du chien dans ces communautés, ce qu'il représente, la façon dont il est perçu, etc.

Ce projet informera la pratique des intervenants qui participent à la gestion des populations de chiens dans le Nord et participera à la discussion présentement en cours entre les communautés du Nord, les vétérinaires et les spécialistes des sciences sociales sur la mise en place d'un programme de gestion des chiens qui soit respectueux sur le plan social et culturel, mais aussi efficace sur le plan de la santé publique. L'amélioration des politiques de gestion des chiens participera à la baisse du nombre d'accidents et de celle de la prévalence des maladies, ce qui améliorera la qualité de vie et le bien-être des Inuits du Nunavik et du Nunavut.

D'une durée de deux ans, cette étude impliquera une recherche documentaire approfondie dans les médias sociaux et traditionnels ainsi que dans la littérature. De plus, dans le cadre de séjours à Kuujjuaq (Nunavik) et à Iqaluit (Nunavut), des entrevues seront réalisées auprès de différents intervenants, dont les éleveurs, les élus municipaux et les représentants de la corporation foncière, les employés des centres de santé, Inuits de la résidence pour aînés, les responsables du service de police local, les représentants des organisations inuites locales et régionales, etc.

La recherche en milieu arctique comporte de nombreux défis, dont les déplacements. Cependant, ceux-ci s'avèrent un élément essentiel. « Établir des liens privilégiés avec les communautés concernées représente une étape indispensable dans la réalisation d'un tel projet de recherche. En effet, la qualité des relations établies aura un impact majeur sur toute la démarche, sur la qualité des données et sur la validité des résultats », souligne le chercheur. Ainsi, suite à un premier séjour à Kuujjuaq en mai dernier, le professeur Lévesque partira du 14 au 18 septembre prochains pour Iqaluit afin d'entamer les discussions avec des citoyens ainsi que des individus intéressés par les chiens. Il en sera alors à sa huitième visite au sein de cette communauté au cours de sa carrière.

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Information :
Stéphanie Duchesne, responsable du Service des communications et du recrutement  
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
819 762-0971 poste 2222
uqat.ca

Mise à jour : 24 août 2016