Communiqué de presse

Pour protéger l'environnement

Rouyn-Noranda, 17 mai 2005 — Cette deuxième journée d’ateliers du Symposium sur l’environnement et les mines s’est essentiellement consacrée à la restauration des sites avec un volet traitant en particulier des mines abandonnées. Les conférenciers s’étaient auparavant intéressés aux impacts toxiques que peuvent entraîner l’extraction et le traitement du minerai puis aux politiques et réglementations provinciales, nationales et internationales qui touchent la protection de l’environnement en contexte minier.

Les sites en fin d’exploitation

Trois cas ont servi d’illustration à la fermeture de sites à drainage minier acide : Les mines Selbaie, la mine Bouchard-Hébert et la mine Louvicourt. Au site de Les mines Selbaie, le drainage acide (DMA) provenant d’une halde de stériles et d’un parc à résidus miniers sera neutralisé à la chaux. De plus, autant la halde que le parc seront recouverts pour mieux contrôler la production de DMA. Dans le cas de la mine Bouchard-Hébert, les bâtiments et les infrastructures seront démantelés et recyclés quand ce sera possible. Le reste des débris et les stériles, qui ont servi à niveler le site, seront entreposés soit dans les excavations des fondations ou acheminés vers la fosse puis recouverts. Les résidus seront aussi recouverts pour y limiter la diffusion de l’oxygène et contrer la production de DMA. La mine Louvicourt a été, quant à elle, la première au Canada à entreposer dès le début ses résidus sous l’eau. Le site est aussi caractérisé par la présence de l’ancienne mine Louvem. Louvicourt a donc utilisé une des deux fosses de Louvem pour y stocker ses stériles, l’autre servant de réservoir d’eau recyclée pour l’usine de traitement.

Les sites orphelins

Les sites abandonnés posent d’autres problèmes quand il s’agit de les restaurer. Les résidus dont certains sont en place depuis plusieurs années exigent d’autres méthodes que pour les sites en exploitation. Il y a au Québec 140 aires d’accumulation de résidus qui couvrent une superficie de plus de 1 500 hectares. La plupart sont situées en Abitibi-Témiscamingue. Le DMA, la dispersion de contaminants comme l’arsenic et le mercure, l’érosion tant aérienne qu’hydrique représentent des risquent pour l’environnement et ultimement pour la santé humaine. Le cas le plus connu et le plus problématique est sans contredit celui du site minier Manitou près de Val-d’Or. Il affecte directement la rivière Bourlamaque. Sans propriétaire solvable, le site exige de l’État d’investir lourdement dans sa restauration.

Toxicité

Une étude menée à Rouyn-Noranda et à Sudbury sur l’impact des métaux sur la population de perchaude sauvage a parfois remis en question les conclusions d’études antérieures tout en offrant une nouvelle perspective sur le lien entre l’exposition aux métaux et ses conséquences sur le vieillissement et la longévité des espèces sauvages.

Les participants ont aussi eu droit à un tour d’horizon des travaux qui se mènent en Europe quant à l’utilisation du cyanure pour l’extraction des métaux précieux. S’il demeure la seule méthode simple et peu coûteuse, l’emploi du cyanure impose des paramètres précis quant à la gestion environnementale.

Politiques et réglementations

Toute une partie de la journée a été consacrée aux lois et règlements qui régissent les exploitations minières en matière d’environnement. Un conférencier s’est particulièrement intéressé au nouveau Règlement fédéral sur les effluents des mines de métaux qui leur impose de réaliser des études de suivi des effets sur l’environnement aquatique de leurs rejets. Un autre a expliqué la nouvelle section de la Loi québécoise sur la qualité de l’environnement portant sur les terrains contaminés. Elle comporte, entre autres, des exigences quant à la caractérisation et à la réhabilitation des terrains au moment de la fin des activités d’une exploitation.

Un conférencier du Groupe de la Banque mondiale (GBM) a donné un aperçu des politiques de sauvegarde et des lignes directrices qui sont issues de son examen des industries extractives (EIE) et de ses conséquences sur la mise à jour de la politique de sauvegarde de la Société financière internationale (SFI). Ces politiques et les lignes directrices environnementales deviennent des conditions pour que le GBM et les autres institutions financières soutiennent des projets miniers dans les pays en voie de développement.

Rappelons que 200 personnes participent à ce deuxième Symposium sur l’environnement et les mines à Rouyn-Noranda, dont des spécialistes de renommée internationale.

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Bernard Pelletier
Responsable de l'information et des affaires publiques
UQAT
(819) 762-0971 poste 2222

Photos et bas de vignette à http://www.uqat.ca/photopresse/symposium2

Mise à jour : 24 août 2016