Communiqué de presse

Concilier mines et environnement

Rouyn-Noranda, 16 mai 2005 — En constatant que la production de rejets miniers est inévitable, les spécialistes internationaux du deuxième Symposium sur l’environnement et les mines ont exploré des approches nouvelles qui permettent aux entreprises d’atteindre la rentabilité tout en respectant l’environnement. Ils se sont intéressés aux résidus de concentrateur, aux roches stériles et à la gestion de l’eau.

Les résidus de concentrateur

Ces résidus extrêmement fins sont stockés en surface, sous terre ou sous l’eau. Quelques mines de la planète utilisent maintenant la technique du remblai en pâte. À sa mine de Bulyanhulu de Tanzanie, Barrick Gold a réussi à diminuer la teneur en eau du remblai et à considérablement abaisser les risques de drainage minier acide. Falconbridge, à sa mine Raglan dans le Nord-du-Québec, a poussé plus loin l’expérience en réduisant à environ 15 % la teneur en eau de ses résidus par un processus de filtration. L’eau est presque entièrement récupérée et recirculée dans la mine. Le procédé protège ainsi un milieu particulièrement fragile en évitant de perturber le pergélisol.

Le remblai en pâte, cimenté cette fois, sert de plus en plus au remplissage des cavités souterraines. Il a le double avantage de servir de matériau de soutènement et de diminuer le stockage de résidus en surface. Les équipes de chercheurs travaillent avec acharnement à mieux en comprendre les propriétés mécaniques et chimiques.

Les roches stériles

Les gens de l’Abitibi-Témiscamingue connaissent bien ces tas de pierre dynamitée que l’on retrouve souvent autour des mines. Ces haldes représentent certains risques en matière de stabilité et de drainage minier acide. Les chercheurs recourent donc aux méthodes de la géophysique, utilisées en exploration minière, pour tenter de mieux comprendre ce qui se passe dans ces amoncellements. L’expérience du Bazza Waste Rock Facility, une immense halde au Nevada, vise à abaisser la production de drainage minier acide par une technique appropriée de recouvrement et de revégétation. Le tas sera aussi remodelé pour s’intégrer au paysage environnant.

Les eaux contaminées

Cette première journée d’ateliers s’est conclue sur la gestion de l’eau. L’eau, en effet, transporte souvent la contamination. Il faut donc y prêter un intérêt particulier. S’il existe déjà des méthodes pour neutraliser l’eau, comme le chaulage, le défi de ce siècle tournera autour du traitement du drainage minier acide par des traitements biologiques passifs. Les chercheurs se penchent déjà sur des approches comme le recours aux milieux humides, aux murs réactifs perméables ou aux bioréacteurs. L’efficacité de ces méthodes demeure limitée, car elle est influencée par plusieurs facteurs dont l’activité bactérienne, la toxicité des métaux présents et la charge initiale de drainage minier acide.

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Bernard Pelletier
Responsable de l'information et des affaires publiques
UQAT
(819) 762-0971 poste 2222

Photos et bas de vignette à http://www.uqat.ca/photopresse/symposium

Mise à jour : 24 août 2016