Les travailleurs sociaux et le néolibéralisme

Publié Par on avr 4, 2017 | 2 commentaires


quebec-005

Le 7 avril 2014, le gouvernement Couillard entre en fonction à la suite des élections générales du Québec, succédant du même coup au gouvernement Marois. Le 23 avril 2014, la composition du Conseil exécutif du Québec est connue. La province s’apprête à vivre l’un des plus grands combats de son histoire. L’équilibre budgétaire et l’atteinte du déficit zéro se veulent la priorité du gouvernement libéral. Pourtant, plusieurs valeurs de la Charte des droits et libertés de la personne sont délaissées, et même oubliées. Une multitude de mesures viennent littéralement restreindre le mode de vie d’un grand nombre de Québécois et Québécoises. L’État-providence n’y est plus. La démocratie en est de même. Depuis les touts débuts de son mandat, le gouvernement Couillard n’a pas hésité à mettre au premier plan le déficit 0 au détriment de la qualité de vie de sa propre population. Les compressions budgétaires sont phénoménales et tendent à s’enraciner au sein d’importantes structures sociales. Les problématiques s’accentuent et les intervenants sont à bout de souffle. Quels sont les impacts possibles des compressions budgétaires massives dans les établissements du réseau sociosanitaire public pour les travailleurs sociaux ?  

Les impacts possibles des compressions budgétaires massives du gouvernement Couillard à l’égard des travailleurs sociaux sont innombrables. Ces mesures irréalistes forcent nos organisations publiques de santé et de services sociaux à s’adapter continuellement à une tonne de contraintes imposées par le ministre Barrette. Actuellement, nous observons une nette diminution des travailleurs sociaux à travers les différents Centres intégrés de santé et de services sociaux. Pourtant, le nombre de problématiques recensées auprès de la population québécoise est constamment en augmentation. Ces coupes budgétaires affectent inévitablement nos travailleurs sociaux. En effet, la charge de travail se veut de plus en plus grande et complexe. La quantité est mise de l’avant. Toutefois, la qualité n’y est plus.

À effectif réduit, les travailleurs sociaux doivent composer avec une augmentation fulgurante des demandes émises par la population québécoise afin de recevoir des services. À bout de souffle, ces individus tentent du mieux qu’ils le peuvent de rechercher divers moyens afin de garder un équilibre de vie satisfaisant. Nos travailleurs sociaux ont-ils tous le temps de répondre adéquatement aux besoins de cette clientèle ? Malheureusement, la qualité des soins est alors remise en question. Après tout, cette relation d’aide est la nature même de notre profession. Elle nous sert à établir un lien de confiance riche, nécessaire à diminuer et même enrayer la problématique. Le temps n’y est plus. Les travailleurs sociaux et l’ensemble des intervenants sociaux du réseau de la santé doivent à tous coups subir une multitude de contraintes ministérielles. En toute évidence, ils se doivent de cadrer dans un moule de performance et de rentabilité.

L’identité professionnelle du travailleur social est remise en question. Comment parviendrons-nous à assimiler ces valeurs ministérielles qui viennent heurter de façon directe et violente nos propres valeurs ? Comment arriverons-nous à nous identifier à celles-ci et trouver l’essentialité et la qualité du travail social ? La base même de cette relation d’aide se transformera d’ici peu en une obligation d’agir rapidement. Puis-je réellement aider un individu ? Ces réflexions sont nécessaires. Pourtant, elles n’auraient pas lieu d’être. Le savoir-être n’y est plus. Suis-je réellement un futur travailleur social ?

Ces compressions budgétaires massives amènent jours après jour nos intervenants sociaux à s’adapter du mieux qu’ils le peuvent à ces structures changeantes. Le travail social est une profession extraordinaire, qui a su se modeler parfaitement à travers une armée de mesures exigeantes et oppressantes. Je sens nos travailleurs sociaux à bout de souffle. La souffrance au travail apparaît comme un enjeu actuel. La perte d’autonomie de nos travailleurs sociaux à l’égard du pouvoir libéral est ahurissante. Les situations stressantes prennent placent dans la vie de nos professionnels. Notre gouvernement crée de nouveaux « malades ». Aujourd’hui, la productivité est capitale. Je n’arriverai sans doute jamais à comprendre de quelle façon un gouvernement peut arriver à prioriser le profit au détriment d’une qualité de vie. Pour moi, c’est un crime inconcevable.

Partagez!
  • Print
  • Facebook
  • Twitter
  • email
  • RSS

2 Commentaires

  1. The iPad Pro 2 is definitely one of the most anticipated tablets to hit the market this year. With a 12.9-inch screen and a price tag of $799, the iPad Pro 2 is conveniently placed against the Samsung Tab S3. We believe that the price tag will not be a deterrent for such a quality device

  2. Great article!

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>