La 22e semaine de la prévention du suicide avait lieu du 5 février au 11 février dernier. Vous devez vous demander pourquoi je fais un billet sur le suicide cette semaine? Ben oui hein, comment ça se fait que j’ai pas écrit sur le sujet la semaine passée durant LA semaine de la prévention du suicide?! La réponse est simple… Peut-être l’avez-vous déjà compris en lisant le titre de mon billet. J’ai choisi librement d’écrire sur le sujet cette semaine, car parler de suicide ne devrait pas avoir la »cote » durant une seule semaine par année. La prévention du suicide devrait se faire à TOUTES les semaines et même à tous les jours.
Pour ceux qui le me connaissent plus personnellement savent que j’ai à cœur cette problématique. D’ailleurs, j’ai eu l’occasion de travailler dans un organisme communautaire d’hébergement et d’accompagnement pour personnes suicidaires, à Trois-Rivières. Je pourrais dire que c’est surtout en travaillant au sein de cet organisme que j’ai développé ma vision en ce qui touche le sujet. Au début j’avais peur. J’avais peur de voir des tragédies et des massacres à tous les jours (j’exagère un peu.. Juste un peu). Puis, j’ai côtoyé les résidents un peu plus à tous les jours. Je me suis rendu compte que j’avais des préjugés. Soyons honnêtes deux minutes… Si je vous dis ces quelques mots : infirmière, policier, gay, schizophrène.. On se cachera pas que chacun de ces mots à un grand nombre de stéréotypes. Les infirmières sont cochonnes, les policiers mangent des beignes, les gays s’habillent en Armani et les schizophrènes portent la camisole. Alors qu’en est-il des personnes en urgence suicidaires?
Ils sont lâchent. Ils sont faibles. Ils sont fous. Ils sont dangereux. Ils sont courageux. Ce sont des tatoués et des percés partout sur le corps. Ce sont des gens qui veulent attirer l’attention. Ce sont des déprimés de la vie…
J’ai déjà pensé à ces choses… Avant de vraiment voir, de vraiment comprendre que c’était beaucoup plus complexe que ça. Le suicide, ça touche tout le monde; les femmes, les hommes, les adolescents, les personnes âgées.. Eh oui, c’est vrai que santé mentale et suicide vont de pair ensemble. Les gens ayant un trouble de santé mentale (dépression, bipolarité, trouble d’anxiété, etc.) sont plus à risque de passer à l’acte. Les enfants dont un parent s’est suicidé sont aussi plus à risque. Généralement, les hommes sont plus touchés que les femmes. Ceci peut s’expliquer, entre autres, par la présence d’un moins grand réseau social et l’absence des ressources pour les hommes en difficultés (comparativement aux nombres fulgurants d’organismes pour femmes). Les autochtones sont aussi touchés par le suicide. On ne parle pas assez de ces nombreux suicides chez les autochtones. C’est frustant parce que ça existe et ce sont des membres à part entière de notre société!
Savez-vous ce qui me pu au nez dans tout ça? Ce sont les gens qui minimisent la souffrance des individus. Certes, minimiser non seulement avec les préjugés énumérés ci-haut, mais également avec leur vocabulaire. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne vous ai jamais arrivé d’entendre (ou de dire) des phrases comme celles-ci: J’suis écoeurée de mon devoir, j’vais me tirer une balle. Ça me tente pas d’aller travailler, j’vais me pendre. Maudit que t’es con, vas don sauter en bas d’un pont! Vous voyez ce que je veux dire..? Quand j’entends ça des phrases comme ça, mes oreilles silent. On ne sait jamais qu’elle est la personne qui est à côté de nous. Le gars que tu viens de lui dire de sauter en bas d’un pont… Peut-être que son oncle l’a fait pour vrai. La fille assise en arrière de toi au labo informatique, peut-être qu’elle a déjà voulu se tirer une balle. Ton collègue de travail pense peut-être depuis une semaine à s’enlever la vie avec une corde. Désolé pour la vulgarité de ces dernières lignes. Cependant, je trouve qu’on doit dire les vraies choses et arrêter de se mettre la tête dans le sable tout le temps.
Une dernière chose… Les idées suicidaires. J’ai déjà eu des idées suicidaires. Je connais des gens près de moi qui en ont eu aussi. Avez-vous déjà eu des idéations comme ça? Ça vous est jamais arrivé d’être si désespéré, si triste, si en colère que le suicide semblait être LA solution? Quand on pense au suicide, on voit juste ça. C’est comme si on avait la tête collée contre un mur. Essayez-le. Mettez-vous la tête contre le mur. Que voyez-vous; le mur. Vous ne voyiez pas ce qui vous entoure. La personne qui pense au suicide ne voit que cette solution. Pourtant des solutions, il y en a. Il suffit de reculer de quelques pas et de s’apercevoir des diverses possibilités qui s’offrent à nous.
Je pourrais conclure en vous demandant la phrase suivante: Je ne me suiciderai jamais. Répondez-y par oui OU non. C’est difficile hein comme exercice. J’veux pas vous faire peur. J’veux juste vous montrer qu’on ne sait pas ce que la vie nous réserve. Si je fais l’exercice moi-même, je pourrais répondre qu’actuellement je ne me suiciderai pas. Par contre, je ne sais pas ce que la vie me réserve et qu’est-ce qui peut m’arriver. Si je perds mon emploi, si mon amie décède dans un accident, si je deviens inapte? Peut-être qu’à ce moment je vais y penser sérieusement?
Voilà, je vais m’arrêter ici, car je pourrais continuer d’écrire comme ça encore des pages et des pages! Alors, la prévention du suicide ça devrait être tout le temps. Il FAUT en parler. C’est tellement important. En parler pour prévenir. En parler pour que ça ne devienne plus un sujet tabou. En parler pour que tout le monde soit au courant des nombreuses ressources qu’il existe.
En parler…!
1-866-APPELLE





Très bon article, bravo marie! C’est vrai quand tu dis quon ne sais pas ce que la vie nous réserve…En ce moment je dirais que je me suciderais jamais. Mais quand je vois des gens pu de bras et pu de jambes, ou encore des personnes qui ont perdu toutes leurs familles dans des accidents ou par la maladie, je me dis qu’à leur place, je le ferais surement.
Bref, c’était bien interessant
Nous voulons tous ,un jour ou l’autre,ne plus être malheureux.
Il y a ceux qui arrivent a passer au travers et ceux qui renoncent croyant qu’ils ont tout essayé.
Quoi qu’il en soit la prévention du suicide ne devait pas figurer qu’une semaine dans le calendrier elle devrait active 365 jours
Tres bel article!!!
Salut Marie!
Content de te lire et de voir cette préoccupation qui t’anime toujours face a la prévention du suicide.
C’est important de le faire. Cette souffrance qui devient tellement envahissante, désorganisante et douloureuse peut se voir être atténuée par d’autre chose que la mort, ça débute par en parler.
C’est aussi très important que tous comprennent que de poser la question directement ne donnera l’idée suicidaire. Sachant que c’est difficile, pour la majorité de recevoir les propos suicidaires d’une personne et que
Il y a pas si longtemps ton écrit aurait glisser sur moi comme pluie d’été.Les tentatives de suicides j’aurais compatis sans vraiment comprendre…
On ne sait jamais quand la vie va basculer
c’est important d’en parler le mal être devient si profond que plus rien ne semble important que d’en finir…
Il n’y a pas de lâches faibles ou fou quand on ne trouve pas la sortie vers une vie meilleure
Pour ce qui est de vouloir attirer l’attention
je dirais que lorsqu’on est bien décidé on cherche tout sauf l’attention …J’ai voulu un jour mettre fin a ma vie j’ai tout fait pour ne pas attirer l’attention…
Mais je dois avouer que je suis heureux qu’une infirmière qui avait terminée son travail a décidée de passer me voir
Oui, c’est vraiment important d’(EN) PARLER de cette probèmatique : NON par formalité, mais par CONVINCTION comme tu le fais.C’est toujours plus intéressant de t’entendre parler du suicide puisque tu y mets une bonne dose de passion, de vocation, bref de toi-meme! C’est pourquoi j’aime te lire. Les sujets(sociaux) que tu developpes dans cette tribune nous(humains) amenent à nous interroger, à nous questionner… Et si chacun de nous avait en permanence ces questionnements en tête, on aurait moins tendance à porter des jugements sur les personnes suicidaires( comme toute autre personne en detresse) et,par consequent plus tendance à mieux les comprendre dans leurs souffrances. Car, à mon avis(dont personne ne néglige de le partager), les problèmes des humains sont communs et cycliques, c’est à dire, que le problème que Jean vit aujourd’hui peut etre celui de Paul demain. Car, La vie a des embuscardes et des obstacles qu’on ne les franchisse pas tous le même jour….
un seul mot: Bravo Marie-C.!
Marie, ton article m’a fait grandement réfléchir… Je me rends compte que bien souvent, j’entends les phrases: «Ah! J’suis tellement écoeurée que j’me tirerais en bas d’un pont!» «Sti qu’en ce moment, j’me tirerais une balle…» «J’aimerais mieux crever que d’affronter ça…» Ça porte à réflexion. L’an dernier, un garçon de mon entourage s’est suicidé et j’ai pu voir tout ce que cela implique autant au niveau émotionnel que psychologique. On se demande POURQUOI, on s’en veut de n’avoir rien vu… Puis on se rend compte que par la suite, certains signes sont passés sous notre nez sans qu’on ne s’en rendent compte.
Aujourd’hui, je peux dire que je ne me suiciderai pas. Cependant, qui sait ce que nous réserve le futur?
Fidèle à ton habitude, tu amènes là un sujet qui porte grandement à réflexion et je n’ai d’autres mots à te dire que MERCI.
Continue de nous faire réfléchir avec tes billets qui viennent nous chercher, toucher la corde sensible en nous.
Laetichat, Diane, Patrice, Réjean, Azangué, Marie-Ève…
Merci grandement pour ces commentaires riches de sens! Je suis heureuse de voir que ce sujet suscite des réactions et parle à plusieurs personnes. En effet, vous avez raisons en soulevant que tout ceci relève beaucoup de questionnements. Quand tout va bien dans la vie, c’est correct. L’on se dit que rien ne peut nous toucher et que nous sommes inébranlables… Que tout ce qui arrive de triste n’arrive que chez les voisins.. Jusqu’au temps où ça nous touche.. On réalise beaucoup de choses. Bref, merci d’avoir lu, apprécié et commenté!
Je suis d’accord avec toi, mais ce n’est non seulement parler mais être à l’écoute aussi.