J’ai deux yeux, tant mieux deux oreilles, c’est pareil…Passe-Partout! Héroïne de quelques génération. La fanfreluche des temps modernes, qu’elle ne saura jamais égaler. Sans offense. Et non! Je ne vous parlerez pas de l’éveil sexuel que Passe-Carreau a suscité chez un paquet d’adolescent…et même d’adultes. En fait, je me demande si je suis seul au monde à vivre ce dont je vais parler.
Il me semble qu’une des difficultés à vivre l’aventure universitaire, c’est une forme de solitude. On dirait que je change de voie. Tranquillement.Et que personne de mon entourage ne me suit. J’ai toujours eu besoin de raconter mes apprentissages. Au primaire, ma mère me demandait toujours ce que j’avais appris. Et là, je ne me rappelle plus. Je ne suis pas plus brillant qu’un élève de 5 ème. Quand je travaillais, toutes les aventures et les peurs, il fallait que je les nomme haut et fort afin de bien réaliser ce que je disais et me donner une forme d’auto supervision. Il fallait que je dise à quelqu’un toutes les étapes de mes réflexions afin de bien articulé ma pensée et de continuer à agir dans le feu de l’action. Il y a eu de magnifiques stagiaires qui m’ont écouté religieusement. Je les en remercie encore et encore. À l’école, c’est la même chose. Le problème, c’est que raconter ce qui se passe à l’université et les apprentissages que je fais à quelqu’un n’est pas aussi sexy que quand je racontais mes affaires rocambolesques de travail de rue. Quand le gardien du zoo raconte, c’est intéressant. Quand la bibliothécaire en fait autant, on ne se pousse pas à la porte pour entendre ça. Rien contre les bibliothécaires, en passant, je les aime bien.
C’est ça! Je me sens comme la bibliothécaire. Seul dans mon monde. Immergé dans l’antre de la connaissance. Je voudrais crier mes surprises. Hurler mes oppositions. Chanter mes convictions. Pleurer ma rage. Chialer contre les cours, les professeurs, l’institution, mes obligations, mes réussites et mes échecs, les professeurs, les professeurs. Faudrait créer un groupe de support. Les AA. Les apprentissages anonymes. Un espèce de groupe de réflexion sur les thèmes abordés dans les cours. Quelle est l’utilité d’avoir la capacité d’aller chercher la cote d’un livre dans la bibliothèque du Congrès des États-Unis? Piaget et Éricksson, sont-ils morts? Pourquoi l’ethnopsychiatrie est-elle si difficile à cerner? Est-ce que le féminisme actuel rempli son rôle auprès des femmes? Est-il adapté pour les femmes d’autres continents? Pourquoi «féminisme» est-il un mot masculin? Qu’est ce qui m’excite dans le rôle du travailleur social dans la communauté? Faut-il inévitablement faire partie de la corporation? Quelle est l’utilité de connaître toutes les étapes d’une entrevue en travail social? Y a-t-il des points de vue différents? Les enjeux de manger local, est-ce qu’on peut être contre? Comment puis-je comprendre les différents articles de la constitution canadienne? J’en ai plein de questions.
Généralement, je raconte à quelqu’un ce que j’ai compris, ce qui m’enrage, ce qui me blesse, ce qui m’intéresse, ce que je trouve plate. Mais honnêtement, ça ne se bouscule pas aux portes. J’aimerais ça avoir accès à ce genre de groupe. «T’as seulement à le créer», me direz-vous astucieusement. Ok…bon! C’est toujours plus facile de parler…mais ça serait peut-être réellement intéressant. Peut-être y aurait-il une autre personne…lol. Dans le fond, probablement qu’une fois le cours fini et les devoirs faits, il ne reste pas grand place, et pas de goût non plus, pour la discussion sur le sujet. Le temps et la saturation font leur oeuvre…Tout ça pour dire qu’il y a pas beaucoup de gens qui s’intéresse à l’écoute d’un étudiant sur le délire de ses lectures plus ou moins intéressantes, lectures que lui aussi ne ferait pas s’il n’était pas obligé.
J’ai deux yeux, tant mieux, deux oreilles…c’est pas pareil, deux épaules, c’est pas drôle et faudrait que je m’en rappelle afin de ne pas en mettre trop dessus et pour les fesses qui se connaissent, faut bien prendre le plaisir où il passe! Merci Passe-Partout. Merci de me lire. Merci de me publier.





L’être grégaire que nous sommes avons besoin de communiquer… et justement parler dans le vide, sans feedback, c’est vrai que c’est plutôt poche.
Mais parfois, l’écoute est quand même là, juste une grande écoute silencieuse et respectueuse.
Allez, tu l’as ton groupe de A.A. Raconte-nous tes états d’âme. Tes écrits sont intéressants et nous font t’apprécier encore plus.
Bonne journée
P.S. Un compteur de feedback sur un blog est une belle facon de savoir qu’on est lu. Moi ça m’encourage entécas… ça me montre qu’on m’écoute même si on ne me répond pas
C’est vrai que partager ses idées, de cette façon est une communication, bien qu’elle semble ne pas être inter active.
Je veux moi aussi savoir pourquoi «féminisme» est au masculin.
Peut être qu’il faut comprendre que Dieu créa l’homme et de l’homme, la femme. Du moins, qu’il faut recentrer beaucoup de valeurs en tenant compte de l’origine.
Soyons bénis!
J’aime ton article Alain! Et je viens de comprendre pourquoi je fais une brève illusion à Passe-Montagne dans mon dernier billet.. ahaha!
Oui, je suis tout à fait d’accord. Partager ses idées, ses nouvelles connaissances c’est pas toujours évident.. Moi aussi j’ai envie de crier sur les toits, mais d’un autre je sens que je pourrais taper sur les nerfs à certains ahah! Bref, merci pour cet article!
Tu m’étonneras toujours. Tu sais, je ressens aussi de la solitude parfois. Je pars de chez moi 2-3 jours pour l’université et quand je reviens chez moi… personne avec qui parler des théories, des approches et des paradigmes du TS. Pour ton groupe de AA (Apprentissages Anonymes), tu as bien raison… met le sur pied. Ce fut un plaisir de te lire. J’attends le prochain.
J’ai peut-être une réponse pour toi. Je t’en ai déjà parlé…toutes ses réflexions sont intéressantes. J’ai toujours bu tes paroles. Tes expériences ainsi que ton bagage de connaissances, ta facilité à vulgariser un sujet, ta vision souvent différente mais combien intéressante et ton gout d’avoir des réponses, des feedback m’amène à me dire qu’il serait bon d’entendre tout ce que tu as à dire.
L’idée t’intéresse toujours? Fais-moi signe.
C’est rassurant de savoir que je ne suis pas seule! Disons que les seules personnes qui peuvent être intéressée par le « blablabla » que j’apprends à l’école…ce sont mes collègues de classe, mes profs…pis peut-être des TS! Si jamais tu part un groupe de AA (apprentissages anonymes), d’EUA (Étudiants universitaire anonyme) ou peut importe comment tu souhaite le nommer…Fais-moi signe!